Le Canal des 2 Mers en mode "zéro déchet" !

Voyager à vélo sans produire de déchets : un objectif que s'est donné ce voyageur pendant son périple

Nicolas des Routes de la Transition s'est lancé dans l'aventure d'un voyage à vélo avec un objectif de quasi zéro déchet, pour réduire ainsi son impact écologique le plus possible. A l'heure de ce témoignage, il a généré seulement 20 grammes de déchet sur plus de 1500 km.

 

Comment vous est venu l'idée de partir en voyage à vélo ?

Cela fait quelques années que j’ai le projet de faire des voyages à vélo. L’idée même m’est venue à l’époque où j’habitais en Ile de France au bord du canal de l’Ourcq. En recherchant sur Internet jusqu’où va le canal, j’ai découvert qu’il fait partie de l’Eurovélo 3 - Scandibérique. Ne connaissant absolument pas ce réseau de véloroutes européennes, cette découverte a été le point de départ d’un grand changement de mode de vie et le début de ma passion pour le vélo.

Coucher de soleil Canal des 2 Mers à vélo

Quelle préparation aviez-vous eu avant le départ ?

Je m’étais donné plusieurs objectifs avant mon premier départ : réaliser des étapes d’une centaine de kilomètres (pour montrer que le voyage à vélo peut être une alternative crédible aux modes de transports plus classiques tels que la voiture ou le train) et ne pas générer de déchet lors de mon voyage.

N’étant pas un grand sportif et n’ayant jamais monté une tente ni dormi en camping, j’ai donc préféré me tester sur certains aspects avant de partir.

Je me suis alors entraîné d’abord physiquement mais plus dans le but de tester mes aptitudes à réaliser 100km. Habitant sur Nantes, j’ai utilisé la Vélodyssée pour mes entrainements car c’est de là que je partirai pour rejoindre Grenade sur Garonne (près de Toulouse). Un premier entrainement de 50km puis un deuxième de 100km m’ont permis de prendre confiance en moi, de mieux connaître mon vélo et de me familiariser avec la signalisation des voies vertes.

Je me suis également exercé à la cuisine en voyage. En effet, c’est sur l’aspect alimentaire que sont générés le plus de déchets en voyage. Il fallait donc que je sache allumer un réchaud à bois pour me nourrir en voyage. Là aussi, mes réussites m’ont rassurées par rapport à la faisabilité de la cuisine itinérante.

Cuisine au feu de bois en voyage à vélo

Vous partez dans un objectif de zéro déchet, ou le moins possible : quelle est l’idée derrière, un message à faire passer ?

La première idée derrière cet objectif est le prolongement de mon mode de vie quotidien. En effet, j’ai adopté le zéro déchet suite à une prise de conscience au niveau de l’aspect alimentaire en regardant un documentaire sur la production du saumon norvégien.

Je ne génère maintenant quasiment plus de déchet au quotidien et c’est donc tout naturellement que je souhaite prolonger cette démarche en voyage.

Ensuite, je souhaite montrer par mon expérience que c’est possible de réduire ses déchets en voyage et que c’est même de la plus haute importance. L’un des plaisirs du voyage n’est-il pas la découverte de nouveaux paysages ? Ce plaisir peut rapidement être gâché par la vision d’emballages sur le bord des forêts ou de mégots jetés en pleine nature. Je souhaite donc contribuer à aider ceux qui le souhaitent à réduire leur déchet, que ce soit en voyage ou au quotidien.

 

Comment cela s’allie-t-il avec le voyage à vélo au jour le jour ?

Plus vous cuisinez de matières brutes et moins vous produisez de déchets. Aussi, l’avantage du vélo est que l’on peut emporter pas mal d’équipements, plus difficile à emmener en randonnée pédestre par exemple.

L’aspect le plus important pour réduire ses déchets en voyage est la cuisine.

 

J’ai donc emmené avec moi une mini cuisine : couteau, planche à découper, cuillère en bois, éponge lavable en coton et bien sûr la popote et le réchaud à bois. Mais pour cuisiner, il faut aussi des aliments. J’ai donc pris avec moi de la semoule, des pâtes, du riz, des lentilles, des amandes, des noisettes, de l’avoine et des légumes frais et déshydratés (pour le poids). Le tout trouvé en vrac dans des épiceries indépendantes.

Je n’ai finalement pas changé beaucoup de chose par rapport à mon quotidien, je l’ai juste adapté au voyage.

Bilan de mon premier voyage de 1500km : 20 grammes de déchet. C’est donc possible de voyager presque zéro déchet !

Cela correspond à 4 sac à pain en papier mais ils ont finalement servi dans mon compost une fois de retour chez moi.

Routes de la transition - Canal des 2 Mers à vélo

Qu’avez-vous ressorti de votre expérience à vélo ?

Le voyage à vélo a été pour moi très bénéfique sur de nombreux points. D’abord mental, ce voyage étant assez lent il permet de se réapproprier l’usage du temps. Je n’ai pas de rendez-vous, pas d’échéance, pas de contraintes, je vis le moment présent et perd la notion d’heure car elle n’a plus vraiment d’importance. Ce sont des sensations très agréables en comparaison du quotidien où l’on court toujours après le temps. Le voyage à vélo permet de se libérer de ces contraintes le temps d’un weekend, d’une semaine, un mois ou plusieurs années. Admirer un paysage sans regarder sa montre est un plaisir simple mais très gratifiant.

 

Aussi, les nombreuses rencontres qui jalonnent la journée du cyclotouriste sont des moments à part d’enrichissement mutuel à travers les expériences de chacun. Ainsi, lors de mon périple j’ai pu croiser d’autres voyageurs avec qui on échange des bons plans, des astuces techniques, des itinéraires ou même des recettes. Mais également des habitants avec qui l’on peut discuter voyage bien sûr mais bien d’autres choses encore. J’ai « découvert » la gentillesse des inconnus.

Le vélo est un véritable passeport pour les rencontres.

Ensuite bien sûr sur le plan physique. Il y a parfois des moments un peu difficiles, que ce soit dû à la météo ou à un coup de fatigue, c’est là que l’on apprend à se connaître et finalement à dépasser ses limites.

Piste Labépie sous les arbres

Des envies de repartir ?

La fin de mon voyage a été un peu précipité par des douleurs au genou : début de tendinite mais je ne voulais pas prendre le risque d’aggraver la situation. Pour autant, dès le lendemain de mon arrivée j’ai ressenti l’envie de repartir.

Aujourd’hui je mène ma vie pour que le voyage à vélo prenne de plus en plus de place. Il y a tant de choses à découvrir, tant de routes à emprunter, que je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin !

 

Le parcours de Nicolas sur le Canal des 2 Mers à vélo

Les meilleurs endroits sur l’itinéraire selon vous ?

Sur la partie réalisée : Royan – Grenade sur Garonne je retiens évidemment la partie sur le canal et notamment le tronçon La Réole – Agen, que je trouve plus vert qu’Agen – Grenade.

J’ai également bien apprécié la traversée de la piste Lapébie entre Bordeaux et La Réole, qui procure de bonnes sensations du fait des montées et descentes rapprochées mais aussi parce que faire du vélo dans les bois quand il fait très chaud est très agréable !

 

Votre avis sur l’aménagement de l’itinéraire : balisage, routes ?

Le balisage est dans l’ensemble très correct même s’il y a certains endroits qui mériteraient plus de signalisation. Il serait intéressant d’ajouter plus souvent la direction principale (par exemple Royan ou Sète) car parfois on peut se tromper de sens si l’on a pas assez étudié la route avant de partir.

Les routes sont très bien également. Lors de mon aller sur le canal des travaux étaient en cours pour refaire le chemin de halage et j’ai pu constater le travail bien fait dès mon retour. Un seul point à signaler entre La Palmyre et Braud et Saint Louis : l’itinéraire nous fait passer par un chemin en pente qui ressemble fort à un parcours vtt.

Piste Canal des 2 Mers à vélo

Les hébergements : vous dormiez en tente ? Facile de trouver un lieu pour dormir tous les soirs ?

J’ai dormi presque toutes les nuits en tente sur mon voyage et n’ai jamais eu de problème pour trouver un camping proche de mon objectif du jour.

Je souhaite d’ailleurs signaler 2 endroits qui m’ont marqué sur le canal et qui peuvent servir à d’autres voyageurs :

 

Côté camping, une aire naturelle est mise à disposition gratuitement par la mairie de Sauveterre avec accès aux toilettes, douche et lavabo. Il y a sur place également une excellente boulangerie et une pizzeria dont on m’a dit le plus grand bien.

 

Un autre lieu mis à disposition gratuitement est très utile à Valence d’Agen : un ancien abattoir reconverti en point d’étape pour les voyageurs. On y trouve une cuisine avec plaques électriques, toilettes, douches et salle commune, le tout dans un état de propreté impeccable. Le seul point d’attention est sur les horaires d’ouverture : de 9h à 18h.

Traversée du vignoble de Blaye

 

Voir le blog Les Routes de la Transition

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